FFO : Édition 10.5

Liste des films sélectionnés dans le cadre de l’édition 10.5 du Festival du film de l’Ouest.
Pour visionner les films – gratuitement ! -, rendez-vous sur KuB du 5 juin au 5 juillet 2020 !

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JE N’AURAIS PAS DÛ MANGER LE CHAT Matt Mandibul

Lieu de tournage : Ille-et-Vilaine (Rennes)
Production : Equinok Films (Rennes)
Fiction | Fantastique | 2013 | 5'54''
PITCH : Il y a longtemps, un savant créa une bête étrange pour tenir compagnie à son fils...‎

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COMMENTAIRE - Par Léo Dazin, Président d'Equinok Films :

Matt Mandibul est un adhérent historique de l’association. Touche à tout, musicien dans les groupes La Honte et Mandarine et Rossignol, Matt a réalisé plusieurs films courts d’animation avec Equinok avant de se lancer dans la fiction avec JE N'AURAIS PAS DÛ MANGER LE CHAT. Par le biais du mythe de Frankenstein, son réalisateur nous parle de la fin de vie de son chien lorsqu’il était enfant.

ℹ : JE N'AURAIS PAS DÛ MANGER LE CHAT a été sélectionné à plusieurs reprises dans le cadre du Festival du film de l’Ouest et d’événements organisés par Courts en Betton.
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DÉSIR Thibault Le Goff & Owen Morandeau

Lieu de tournage : Sarthe
Production : Equinok Films (Rennes)
Fiction | Road movie érotique et culinaire avec des gamins | 2019 | 18'18''
PITCH : Sous un soleil caniculaire, Théophile, 10 ans, s’éprend de la jeune femme en lingerie sur l’affiche publicitaire d’un arrêt de bus. L’Amour… Menés par son bavard et nouvel ami Victor, les deux enfants se lancent à la recherche de la jeune femme…

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COMMENTAIRE - Par Léo Dazin, Président d'Equinok Films :

Owen et Thibault ont réalisé quatre films avec Equinok. Désir est leur deuxième réalisation. Récit d’enfance autobiographique, les réalisateurs s’interrogent sur leur propre origine du mal. « Entre Mickael Haneke et Kad et Olivier », dixit le Télégramme.

BIO DES RÉALISATEURS :
Thibault est un enfant sauvage ayant grandi dans une meute près de Paimpol. Rescapé des combats clandestins, il devient acteur, metteur en scène, pilote, cinéaste et administrateur. Des suites d'une arrestation, il rencontre Owen en cellule, dans une cale de bateau. Ils décident alors de faire des films ensemble.

ℹ : Après avoir découvert le binôme avec LA VILLE S'ENDORMAIT en 2015 (6ème édition - Mention spéciale du Jury de la Presse), on avait également participé à la production de leur film LE PÉRIL JAUNE en 2019.
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GARGANTUA Léo Dazin

Lieu de tournage : Côtes-d'Armor
Production : Equinok Films (Rennes) et Courts en Betton (Betton)
Fiction | Western | 2018 | 14'
PITCH : Au cœur d’une forêt sévit un hors-la-loi. Le shérif et sa bande viennent arrêter le bandit qui n’est autre que Gargantua…

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COMMENTAIRE - Par Léo Dazin, réalisateur et Président d'Equinok Films :

GARGANTUA est le fruit d’une première coproduction entre Equinok Films et Courts en Betton. Un film naïf dans la mesure où son réalisateur pensait qu’il pourrait moucheter les écrans des ghettos protectionnistes des festivals de films à signes distinctifs de richesse. Évidemment, GARGANTUA, tel son personnage principal ostracisé, sera resté dans son ghetto de déclassés.

BIO DU RÉALISATEUR :
Après des études de médecine à Lille au cours desquelles il finira par gérer une maison de tolérance, Léo s'éprend de l'une de ses protégées et s'envole pour Tanger où, avec sa femme, ils se reconvertissent dans la vente de nougat artisanal. Entre l'import-export et quelques cours de pilote d'avion, Léo réalise des films.

ℹ : On connaît bien Léo... Après plusieurs films en sélection dans le cadre du Festival - LE CONSERVATEUR (2015, 6ème édition) et 2 clips : EMMÈNE-MOI (2016, 7ème édition) et COMBAT ORDINAIRE (2017, 8ème édition) - l'association avait accompagné la production de son western costarmoricain GARGANTUA.
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DÉCALAGE Sophie Marc

Lieu de tournage : Ille-et-Vilaine (Rennes)
Production : Equinok Films (Rennes)
Fiction | 2018 | 21'52''
PITCH : Un jeune homme nouvellement employé d’une grande entreprise qui vend des éoliennes, laisse son travail prendre le dessus sur son quotidien…

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COMMENTAIRE - Par Léo Dazin, Président d'Equinok Films :

DÉCALAGE est le deuxième film de Sophie avec l’association. Sous ses allures de film formellement poli, Sophie s’en prend au green washing, aux techniques managériales, à la répétitivité abrutissante d’un travail de bureau. Peut-être qu’au travers de ce film Sophie nous raconte aussi pourquoi elle exerce aujourd’hui le métier de régisseuse au cinéma ?

BIO DE LA RÉALISATRICE :
Après une licence en Arts du Spectacle, Sophie commence à travailler sur des courts-métrages en tant qu’assistante mise en scène et assistante régisseuse. Elle alterne aujourd'hui entre l’écriture et la régie sur des séries et longs métrages pour pouvoir financer ses films.
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LES CROUBZ Léo Dazin

Lieu de tournage : Finistère
Production : Equinok Films (Rennes)
Fiction | Science-fiction | 2020 | 6'
PITCH : Le soleil brule ce qu’il touche. Un homme s’est réfugié dans une épave de bateau très convoitée.

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COMMENTAIRE - Par Léo Dazin, Président d'Equinok Films :

Dernier film en date de son réalisateur, LES CROUBZ fut réalisé dans un contexte particulier. Une fenêtre de temps de réalisation de 10 jours s’est offerte à Léo et son équipe. Aussi le film s’est-il écrit en cinq jours et tourné en deux… Un temps de maturation inexistant pour un résultat surprenant !

BIO DU RÉALISATEUR :
Après des études de médecine à Lille au cours desquelles il finira par gérer une maison de tolérance, Léo s'éprend de l'une de ses protégées et s'envole pour Tanger où, avec sa femme, ils se reconvertissent dans la vente de nougat artisanal. Entre l'import-export et quelques cours de pilote d'avion, Léo réalise des films.

ℹ : On connaît bien Léo... Après plusieurs films en sélections dans le cadre du Festival - LE CONSERVATEUR (2015, 6ème édition) et 2 clips : EMMÈNE-MOI (2016, 7ème édition) et COMBAT ORDINAIRE (2017, 8ème édition) - l'association avait accompagné la production de son western costarmoricain GARGANTUA.
Première diffusion !
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QU’ELLE REVIENNE Thibault Le Goff & Owen Morandeau

Lieu de tournage : Ille-et-Vilaine (Rennes)
Production : Equinok Films (Rennes)
Fiction | Kammerspielfilm | 2020 | 17'21''
PITCH : Un alcoolique solitaire est amoureux de la livreuse d'Apéro Minute.

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COMMENTAIRE - Par Léo Dazin, Président d'Equinok Films :

Dernier film en date de l’association. QU'ELLE REVIENNE est probablement le film somme de ses réalisateurs, le fameux film de la « maturité ». C’est un vrai film français, un huis clos en appartement avec un message à la fin. Mais peint à la main, le message…

BIO DES RÉALISATEURS :
Thibault est un enfant sauvage ayant grandi dans une meute près de Paimpol. Rescapé des combats clandestins, il devient acteur, metteur en scène, pilote, cinéaste et administrateur. Des suites d'une arrestation, il rencontre Owen en cellule, dans une cale de bateau. Ils décident alors de faire des films ensemble.

ℹ : Après avoir découvert le binôme avec LA VILLE S'ENDORMAIT en 2015 (6ème édition - Mention spéciale du Jury de la Presse), Courts en Betton a également participé à la production de leur film LE PÉRIL JAUNE en 2019.
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SUIVRE GU TAO : CHRONIQUE D’UN HIVER Antoine Hervé

Lieu de tournage : Chine
Autoproduction
Documentaire | 2016 | 25'48''
PITCH : Gu Tao, un documentariste indépendant chinois part au Qinghai, dans un village tibétain, pour tourner un film sur les minorités ethniques de cette région.

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COMMENTAIRE - Par Justine Alleron, membre du Comité de sélection :

Premier film du rennais Antoine Hervé, SUIVRE GU TAO est un documentaire qui brouille savamment les frontières avec la fiction pour transfigurer son protagoniste en un réel personnage dramatique.

Gu Tao, documentariste qui s’intéresse aux minorités ethniques du nord de la Chine, est en couple avec une jeune femme et père depuis peu. Même s’il vient d’emménager avec sa famille dans un nouvel appartement, il continue de voyager à travers son pays en quête de matière première pour ses films.

Lors de ses escapades dans le Qinghai, il boit beaucoup et se confie, comme si les mots lui permettaient d'exercer une emprise sur sa propre vie et d’atteindre un niveau de conscience un peu plus accru. Pourtant, entre phrases philosophiques, doutes, réflexions personnelles, appels téléphoniques de sa compagne, inquiète et en pleurs, il interroge sa réalité. Le temps semble dilaté et Gu Tao perdu. Face à la caméra, dont on ne sait plus si elle fait figure d’appareil enregistreur ou de miroir, il incarne un véritable personnage tragique, hanté, désœuvré, qui cherche autant à fuir le monde que lui-même.

BIO DU RÉALISATEUR :
Antoine Hervé est né en 1991 à Rennes. De 2012 à 2014, il a été le directeur artistique du festival Shadows. De 2014 à 2016, il a été consultant pour le festival Visions du Réel. En 2016, il a réalisé le court métrage, SUIVRE GU TAO : CHRONIQUE D'UN HIVER.

ℹ : Antoine Hervé est bien connu du Festival. Outre SUIVRE GU TAO, il a obtenu le Grand Prix du Jury pour son film THE BIG GUYS IS HERE.
Grand Prix du Jury (2018)
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THE BIG GUYS IS HERE Antoine Hervé

Grand Prix du Jury (Festival du film de l'Ouest, 9ème édition - 2018)
Lieu de tournage : Chine
Autoproduction
Documentaire | Drame mafieux | 2017 | 14'55''
PITCH : Un huis clos improbable ponctué de flash-back dans l'ambiance mafieuse de la campagne du Hebei (Chine) pendant le nouvel an chinois.

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COMMENTAIRE - Par Justine Alleron, membre du Comité de sélection :

Avec THE BIG GUYS IS HERE, son second projet, Antoine Hervé retourne en Chine, caméra à la main. Il nous livre un film immersif, entre huis clos suffocant et prise d’otage sur fond de règlement de compte, qui confirme son geste documentaire singulier, où il n’est pas question de lois, de normes, de propos civiques.

Lorsque la mafia locale de la province chinoise du Hebei, ivre et violente, encercle deux amis français, une faille spatio-temporelle se crée, où même les mots n’ont plus de sens. Ni l’histoire, ni les actions, ni les faits, ni l’environnement ne sont fixés. Les langues qui se mêlent et les coups qui partent sont autant d’éclats de cette réalité altérée qu’aucun repère ne peut régir.

Le seul témoin de ce monde étourdissant, délirant, est le cinéaste lui-même qui arrive, grâce notamment à son point de vue interne et la mise en place d’un montage alterné, à repousser et transcender les limites – tant imaginatives que matérielles – du monde tangible pour en inventer une nouvelle représentation singulière. L’incohérence générale devient alors logique, et le cinéma montre qu’il est capable de se défaire de ses intentions pseudo politiques ou purement sociales pour atteindre par l’audace et la justesse qui l’élèvent un état rare et donc précieux.

BIO DU RÉALISATEUR :
Antoine Hervé est né en 1991 à Rennes. De 2012 à 2014, il a été le directeur artistique du festival Shadows. De 2014 à 2016, il a été consultant pour le festival Visions du Réel. En 2016, il a réalisé le court métrage, SUIVRE GU TAO : CHRONIQUE D'UN HIVER.

ℹ : Antoine Hervé est bien connu du Festival. Outre SUIVRE GU TAO, il a obtenu le Grand Prix du Jury pour son film THE BIG GUYS IS HERE.
Grand Prix du Jury (2019)
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L’IMMEUBLE DES BRAVES Bojina Panayotova

Grand Prix du Jury (Festival du film de l'Ouest, 10ème édition - 2019)
Lieu de tournage : Bulgarie
Production : Stank (Brest)
Documentaire | 2019 | 23'
PITCH : Comme chaque jour, Ivan revient devant l'immeuble dont il s'est fait expulser. Il vient nourrir Gigi et Sara, deux chiens errants qui vivent encore là. Mais ce matin, les chiens ont disparu…

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COMMENTAIRE - Par Pascale Breton, cinéaste :

Arracher un morceau à la vie, tel est le but effarant du cinéma. Formulé ainsi, on imagine la cinéaste tapie pendant le festin du tigre du réel, guettant un moment d’inattention. S’il n’en tenait qu’à elle, peut-être se confierait-elle à un poème, un dessin. Et le cinéma pourrait disparaître comme il est apparu, à la faveur d’une mutation du regard. Mais le spectateur veut ce morceau de choix, il réclame cette victoire sur la mort.

Dans son premier long-métrage, JE VOIS ROUGE, Bojina Panayotova présentait la mutation d’un pays (la Bulgarie) sous la forme d’une chronique personnelle. A contrario, dans ce court-métrage issu du matériau du même tournage, elle part d’une anecdote pour bâtir une épopée. Embarquées par la colère puis la détresse d’un homme qui cherche ses chiens, la caméra et la cinéaste documentent sa quête avec le désir de ne pas manquer une miette de l’énigme de rencontre.

La suite est simple comme la nouvelle vie quotidienne : la fourrière a un nom à consonance écologique, la ligne de bus qui y mène a été supprimée et, à la volée, vu d’un bus, un groupe de policiers à l’air sournois rôde autour d’un homme menotté face contre terre.

La dystopie c’est maintenant. Il suffit de voir l’effroi que suscite l’œil noir de la caméra dans les regards des personnes rencontrées, effroi dont le montage fait un motif. Ce qui fait peur dans cet œil, ce n’est pas exactement ce qu’il capte, c’est le hublot qu’il ouvre sur la profondeur du temps. À l’ombre d’un bosquet urbain par ce jour chaud, la vision des couches délaissées des chiens disparus (« C’est là qu’ils faisaient la sieste ») nous fait pleurer sur notre propre abandon, et annule toutes les déceptions que nous cause parfois le cinéma.

BIO DE LA RÉALISATRICE :
Bojina Panayotova est née en 1982 en Bulgarie. À la chute du mur, elle suit sa famille qui émigre en France. Après des études de cinéma à La Fémis, elle repart en Bulgarie et se lance dans la fabrication de films sauvages. Son premier long métrage documentaire JE VOIS ROUGE sort en salles au printemps 2019. L’IMMEUBLE DES BRAVES est son cinquième film.
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MY FATHER IS A SUPERHERO Lisa Diaz

Lieu de tournage : Roumanie
Autoproduction
Fiction | 2017 | 9'32''
PITCH : La voiture télécommandée de Virgil ne roule pas bien sur les chemins caillouteux de son village. Daria lui propose de la lui échanger contre un piranha qu’elle aurait soi-disant pêché dans la rivière…

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COMMENTAIRE - Par Justine Alleron, membre du Comité de sélection :

Projet singulier de la cinéaste Lisa Diaz, membre du collectif Makiz’art et de l’ARBRE, MY FATHER IS A SUPERHERO est réalisé dans le cadre d’une résidence à Slon, en Roumanie.

Virgil troque sa voiture télécommandée, qui peine à rouler correctement sur les graviers, contre un piranha que Daria a pêché dans la rivière. D’échange en échange, le mystère s’installe autour d’un homme avec une cape, et la caméra réussit à capter toute l’assurance et la détermination de l’enfant qui ne lâchera pas l’affaire. La fiction, au style minimaliste et épuré, prend alors des allures de conte magique et baroque lorsque le jeune protagoniste parvient finalement à provoquer l’inattendu au détour d’une nuit dans son village de campagne. Si cet état, rare et étrange, permet à Virgil de déplacer ailleurs l’écrin réaliste dans lequel son histoire était fixée, il lui permet aussi, dans le même mouvement, de retrouver un ancrage certain au monde en prouvant qu’il ne s’était pas trompé.

ℹ : Lisa Diaz est déjà bien connue du Festival du film de l’Ouest, avec notamment deux films sélectionnés en compétition : L’OREILLE DU PIANISTE et MA MAISON.
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LE GOUFFRE Vincent Le Port

Lieu de tournage : Finistère
Production : Stank (Brest)
Fiction | Drame fantastique | 2015 | 52'10''
PITCH : Finistère nord. La morte-saison. C'est le dernier jour de travail pour Céleste, gardienne d'un camping en bord de mer. Elle s'apprête à partir quand une enfant disparaît. Il faut la retrouver.

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COMMENTAIRE - Par Serge Steyer, Directeur de KuB

"Gouffres avides, tendez-moi la main…" (Alain Bashung)

Quatre ans après sa sortie de la Fémis, le Rennais Vincent Le Port réalise un film ambitieux, une fiction en noir et blanc, inspirée de légendes bretonnes.
Céleste, l’héroïne du film, vit entre deux - entre travail et chômage, entre conscience et ivresse. Elle est céleste et c’est un gouffre qui lui tend la main. La disparition d’une fillette de passage dans le camping où elle travaille la conduit, de fil en aiguille, dans un souterrain hanté par une créature. Une morte vivante ? L’Ankou ?

En racontant cela, Vincent Le Port filme sa terre natale, un Finistère d’une beauté lugubre – bois de chênes verts, blocs de granite sur la grève – nimbée d’une lumière de fin du monde. Le Camping du Soleil où se noue l’intrigue suinte le crachin comme la statue voisine de Saint Hervé, guérisseur des aveugles et des sourds, qui surplombe l’entrée d’un immense souterrain, vaste domaine de nos appréhensions et de nos fantasmes. Là, dans le noir, la lampe frontale de Céleste projette des ombres sur les murs. Qu’évoque donc ce gouffre… une salle de cinéma ?

ℹ : Vincent Le Port est un habitué du Festival avec notamment son court-métrage LES LÉGENDAIRES, Prix du Jury en 2017.
Prix du Public (2017)
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J’AIME EVA MARSH Rémy Rondeau

Prix du Public (Festival du film de l'Ouest, 8ème édition - 2017)
Lieu de tournage : Finistère
Production : Origine Films (Lyon) et Les Films de Rita et Marcel (Brest)
Fiction | Fantastique | 2017 | 23'47''
PITCH : Été 1996. Ben, garçon timide de 11 ans, vit seul avec sa mère ouvrière. L'arrivée d’Eva le perturbe, surtout quand elle évoque la légende d’une mystérieuse créature nichée sous "le ponton de la mort".

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COMMENTAIRE - Par Cyrielle Dozières, Directrice du Festival Court Métrange / Unis Vers 7 Arrivé

Aller jusqu'à l'extrémité du Ponton de la mort, soutenu par ses poutres pourrissantes émergeant de l'eau, ne ferait pas de Ben qu'un héros aux yeux des autres. L'épreuve métaphorique lui donnerait le pouvoir d'affronter sa solitude avec une maturité qui lui échappe encore, lui qui n'a que douze ans. Surtout, elle lui permettrait de conquérir Eva Marsh, une belle ado frondeuse, contrainte à des vacances forcées chez sa grand-mère.

Mais la petite commune dans laquelle vit Ben n'est pas que le théâtre d'une grève éprouvante. Elle abrite, dans les profondeurs du lac menacé de pollution, une créature humanoïde légendaire qu'il lui faut combattre.

La douce amertume des contes nostalgiques de Stephen King se retrouve dans cette réalisation brillante, ancrée dans une âpre réalité sociale. Rémy Rondeau parvient ici à manier les ressorts de l'effroi sans jamais oublier d'émouvoir son spectateur.

ℹ : J’AIME EVA MARSH a reçu le Prix du Public dans le cadre de l’édition 2017 du Festival du film de l’Ouest.
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TOMMY Arnold de Parscau

Lieu de tournage : Ille-et-Vilaine
Production : ESRA Bretagne (Rennes)
Fiction | Fantastique | 2011 | 8'33''
PITCH : Lors d'un dîner familial, le jeune cadet de neuf ans se met à imaginer une famille idéale. Ces étranges règlements de comptes avec son père, sa sœur et sa mère, le ramèneront brusquement à la triste réalité.

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COMMENTAIRE - Par Cyrielle Dozières, Directrice du Festival Court Métrange / Unis Vers 7 Arrivé

Lors du dîner, Tommy, dix ans, se livre à l'observation du délitement avancé de sa cellule familiale. Les individus qui la composent sont résolument enfermés dans des activités révélant leur solitude et leur frustration. Le climat est teinté d'une violence larvée que personnifie la figure inquiétante du père.

Tommy décide de s'extraire de sa passivité anxieuse pour passer à l'acte. Il fait flotter son bateau miniature à la surface de la soupe amère, y plonge son bras puis s'y enfonce jusqu'au corps. La traversée du miroir s'accomplit à travers le liquide tiède, à la consistance matricielle, vers un monde alternatif où s'entrelacent horreurs et projections idylliques. La délivrance aura un prix.

Dans cette première œuvre d'école, saluée par de nombreux prix, Arnold de Parscau témoigne d'une rigueur filmique et d'une inventivité visuelle qui lui ouvrira rapidement les portes du long-métrage.

ℹ : Arnold est déjà bien connu du Festival, avec notamment le court-métrage LE DOMAINE DES ÉTRIQUÉS qui avait obtenu le Prix Jeune en 2016.
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EN SORTIR Thierry Machard

Lieu de tournage : Finistère
Production : Les 48° Rugissants
Fiction | Drame | 2020 | 21'53'
PITCH : Un matin, tôt. Un homme, seul sur sa ferme… son chien, sa machine à traire… comme une routine. Mais ce matin là, ça ne tourne pas comme d’habitude.

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COMMENTAIRE - Par Owen Morandeau, membre du Comité de sélection :

En sortir de cette cadence qui nous use, en sortir de cette solitude qui nous ronge, en sortir de cette agriculture moderne qui broie et tue ceux s'y dévouent corps et âme.

Ancien berger, paysan devenu acteur, régisseur et désormais cinéaste, Thierry Machard écrit et réalise un premier film sur un univers qu'il connait bien. EN SORTIR suit ainsi son personnage principal, incarné par Philippe Torreton, et nous emmène à travers un long plan-séquence dans une expérience cinématographique sensitive et immersive.

Aussi, le court-métrage ne vise pas la virtuosité de son procédé mais invite plutôt son spectateur à réfléchir, à ressentir ce temps qui passe, qui pèse et nous enchaîne. Film jouant sur la présence et l'absence, sur le rythme et le son, EN SORTIR distille dans une mise en scène minutieuse et accessible l'impression d'un propos plus large ; sorte d'allégorie intimiste basculant dans un drame humain bien réel : celle d'une machine qui nous déshumanise et nous conduira à notre perte.

Nous avons eu envie de donner la parole à Thierry Machard lui-même, pour qu'il revienne sur la genèse et l'élaboration de ce film étonnant sur un homme au bord du naufrage.

BIO DU RÉALISATEUR :
Né en 1965, Thierry est berger, jusqu'à son arrivée en Bretagne en 2003 où il devient paysan/éleveur dans les Monts d’Arrée. Hasard de rencontres, il devient acteur, régisseur et réalisateur de petits docs militants. Enfin, un premier court-métrage EN SORTIR, produit par Les 48° Rugissants.
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ÚLTIMAS ONDAS Emmanuel Piton

Lieu de tournage : Espagne
Production : Les Films de l'Autre Côté, Quilombo Films et Ty Films
Documentaire de création, Expérimental | 2019 | 41'20''
PITCH : Un voyageur solitaire sillonne les villages perdus dans les montagnes du nord de l’Espagne. Au fil de la traversée, des ombres surgissent, la mémoire des lieux se révèle.

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COMMENTAIRE - Par Eric Thouvenel, enseignant-chercheur en études cinématographiques à l’Université Rennes 2 :

Au long de ses quarante-et-une minutes, ÚLTIMAS ONDAS recueille les traces visuelles et sonores d’une poignée de gens et de lieux, au fond d’une série de vallées encaissées dans le nord de l’Espagne qui furent d’abord vidées par l’exode rural organisé sous la dictature franquiste, puis oubliées par le monde qui lui a succédé.

En allant filmer avec ses caméras 16mm et Super 8 les vestiges d’un temps disparu – carcasses d’animaux léchées par les vautours, bâtiments éventrés –, Emmanuel Piton a fixé aussi une énergie invisible, mais rendue sensible par le grain turbulent de l’émulsion : celle qui tourbillonne dans ces régions comme un nuage de poussière, un fluide radiophonique, comme une onde, et qui permet de continuer à vivre quand le reste du monde vous a oublié. Il a ramené ces images et ces voix pour les polir, les tailler, les assembler patiemment au montage, après les avoir aussi patiemment et peut-être amoureusement développées.

Les qualificatifs qu’on utilise souvent pour situer ou ranger les films – « documentaire », « expérimental », « essai »… – n’ont plus aucune importance ici : écouter, voir, ressentir, ce sont les seuls mots dont peut s’entourer parfois un cinéaste au travail.

BIO DU RÉALISATEUR :
Né en 1982, Emmanuel Piton travaille en tant que réalisateur et intervenant cinéma. Ses créations personnelles oscillent entre le cinéma expérimental et le champ du documentaire. Ses films sont réalisés pour la plupart en pellicules super 8 et 16mm.

ℹ : Emmanuel est un habitué du Festival avec plusieurs films sélectionnés depuis notre toute première édition. En 2019, il avait obtenu le Prix du Jury pour son court-métrage LES PETITS OUTILS.
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SUITE PONDECEN Manon David | Groupe Obscur

Lieu de tournage : Ille-et-Vilaine
Production : Label Midnight Special Records (Bobigny)
Suite de 3 clips | 2020 | 10'18''
PITCH : La suite des Pondecen illustre un triptyque musical du Groupe Obscur. Les 3 morceaux contemplatifs et les vidéos en plan séquence fixe évoquent le temps qui passe à travers l'image d’un fleuve.

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COMMENTAIRE - Par Mathieu Godin, membre du Comité de sélection :

Les cinq âmes qui composent ce groupe sont l'unique peuplade d'une île imaginaire dont les mœurs troubles sont inscrites au frontispice de leur ténébreux royaume : "La caresse et le poignard". Brodant dans la pénombre une Dream Pop tortueuse et pleine de surprises, ces inclassables nous invitent, par leurs mélodies chatoyantes et un brin enivrantes, à un abandon et à un lyrisme rare de nos jours.

Le Groupe Obscur a, pour nous autres habitants du réel, quelque chose d'assez déstabilisant d'un premier abord. Cependant, la programmation de leur trilogie Pondecen fut rapidement une évidence tant il rare de découvrir des artistes capables de proposer un univers aussi riche et original.

Leur musique et leurs clips font preuve d'une alchimie parfaite entre le fond et la forme, d'une proposition radicale conjuguant la modernité des sons avec des effets visuels datant du cinéma des premiers temps. En effet, leur musique éthérée associée au dispositif visuel en plan-séquence avec ses trucages à la Méliès plonge le spectateur dans une douce hypnose.

BIO DU GROUPE OBSCUR :
Le Groupe Obscur est une formation musicale constituée à Rennes en 2012. Alternant paroles en français et en Obscurien – leur langue inventée – LGO déploie une dream pop alternative et versatile habillée d’un univers visuel et scénique singulier.
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LES CHIMÈRES AUX SONGES DE FEU Martin Bondonneau

Lieu de tournage : Poitou-Charentes et Rhône-Alpes
Production : IFFCAM (Coutières)
Fiction, Animation | Animalier, Fantastique | 2019 | 17'36''
PITCH : Les bêtes de l’ombre se rassemblent. Errez à la recherche du feu primitif capable de les effrayer. Mais dans ses terres brûlées, la frontière entre étincelles et incendie tend à s’effacer.

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COMMENTAIRE - Par Samuel Chastan, volontaire en Service Civique (Courts en Betton) :

Martin Bondonneau, ancien étudiant en cinéma de l’Université de Rennes 2 et désormais diplômé de l’IFFCAM (Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier), nous livre avec LES CHIMÈRES AUX SONGES DE FEU son second court-métrage.

Ce dernier fait suite à FLASH sorti en 2018, qui posait déjà les bases d’un style hybride affirmé, à la croisée entre documentaire, fiction et film expérimental. Comme dans son premier film, on retrouve ici, la voix onirique de Maïa Foucault, fil conducteur du film, ainsi que la musique d’Anas Benghanem, sombre nappe électronique qui vient souligner toute la puissance des images.

Là où FLASH venait distordre numériquement la faune et la flore à base de datamoshing, LES CHIMÈRES AUX SONGES DE FEU sublime cette nature grâce aux animations 2D de son réalisateur, qui va encore plus loin dans la croisée des genres et des techniques. Mais ce qui caractérise peut-être le mieux le film, c’est sa dimension mythologique portée par sa narration et par les animations. En effet, Martin Bondonneau va au delà de ce que la nature lui montre et apporte une nouvelle lecture des images. De la salamandre au sanglier, chaque animal devient alors une bête enflammée légendaire aux pouvoirs surnaturels, et la forêt le théâtre de leur colère. La Chimère est donc là, dans le fond et dans la forme, dans la nature et sur notre écran.

Avec ces parallèles et ces mélanges qui sont faits entre animation, vie sauvage et mythes grecs, Martin Bondonneau entremêle ses passions et nous montre ici une nouvelle vision du documentaire animalier.

BIO DU RÉALISATEUR :
Après avoir achevé une licence d’Arts du Spectacle à l'Université Rennes 2, Martin quitte la Bretagne pour rejoindre l’IFFCAM, une école de cinéma animalier en Deux-Sèvres. Son plaisir fut alors de marier ce genre avec des formes visuelles plus inattendues comme le datamoshing ou l’animation.
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LES MOUS Enfants entre 7 et 9 ans
Encadrés par Frédérique Odye

Lieu de tournage : Ille-et-Vilaine (Rennes)
Production : Antipode MJC (Rennes)
Cadre de production : Atelier de cinéma d'animation
Animation | 2018 | 6'
PITCH : Ces créatures qui n'ont pas de forme définie, qui sont mous, qui n'ont généralement pas de poils et qui se ressemblent toujours plus ou moins entre eux ? Oui, ce sont les Mous !

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COMMENTAIRE - Par Frédérique Odye, réalisatrice :

Je propose des ateliers de cinéma d'animation et d'arts plastiques à l'Antipode MJC de Rennes, intervient régulièrement pour l'UFFEJ (Union Française du Film pour l'Enfance et la Jeunesse) ou encore l'AFCA (Association française du cinéma d'animation) ainsi que dans les établissements scolaires de la région Bretagne, Parisienne et Normande.

Diplômée de l'école des Beaux-Arts de Nantes, j'ai exploré plusieurs domaines cinématographiques comme le cinéma d'animation, la fiction, le clip ou le documentaire. Ma passion pour le cinéma et l'acquis de connaissances pratiques et théoriques m'ont amenée à la création de ces ateliers. Parallèlement à mes réalisations personnelles, j'œuvre également à promouvoir le cinéma d'animation pour tous les publics en tant qu'intervenante pour l'éducation à l'image.

Chaque année, je fais découvrir à mes deux groupes de l'Antipode MJC, deux livres pour la jeunesse que je leur propose d'adapter et réaliser en cinéma d'animation. Les Mous est un livre encyclopédique de l'auteure Delphine Durand qui m'a tout de suite séduit par son humour fin et décalé, les enfants l'ont adoré et nous avons commencé à imaginer notre film en s'inspirant des scènes du livres et en en imaginant d'autres. Nous avons utilisé la technique du stop motion (volume animé) et tourné sur une table multiplans. Les enfants ont chacun fabriqué leur personnage en pâte à modeler ainsi que tous les décors.

Le cinéma d'animation obéit à une technique bien particulière: la prise de vue image par image. L'illusion du mouvement est produite sur l'écran pour le spectateur à partir de 12 images par seconde, chaque image est différente de celle qui la précède et de celle qui la suit. Ainsi n'importe quel objet ou matière peut vivre grâce à cette technique. Les enfants s'arment de patience et animent leurs personnages, ainsi ils les voient prendre vie tout au long du tournage, ensuite ils s'amusent à faire les voix.

Je propose chaque année les films réalisés dans divers festivals jeunesse. Nous avons remporté au Festival Vidéo Jeunesse de Dinard 2019 le prix du jury pour le film LES MOUS ainsi que "la supermoumouche d'argent" au Festival CinéMotion de St-Herblain.

ℹ : Il s'agit du 8ème court-métrage d'atelier de l'Antipode MJC encadré par Frédérique Odye et sélectionné sur le Festival.